Points de vue
Renaud Golo
David Mambouch
Eric Pellet
Serge Provost & Isabelle Fourcade
SILO
Renaud Golo
18.03
19.03

bellevue

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À un ami qui me demandait « De quoi dirais-tu qu’il est question dans ce livre ?», je répondis, hésitant après un long silence alors que nous traversions tranquillement une large place très peuplée, magnétique : « Je dirais qu’il est question de s’absenter. ».
Juste derrière cette place - nous avions progressé jusqu’à une rue encombrée où de nombreuses personnes se heurtaient dans la foule à leurs limites respectives -, j’avais ajouté :
« Il est aussi question de s’en remettre entièrement à la loi, où plus exactement d’aller vers la loi pour pouvoir s’absenter sous son ombre immense et y faire silence, retiré dans la multitude… ».
Interrompu un instant (je fus distrait par un enfant qui venait de refuser rageusement la compagnie d’un autre), j’avais finalement poursuivi : « …Avec le paradoxe (ou le trouble) qui est que, pour la justice, la loi expose chaque homme dans sa singularité même, en pleine lumière, et exige de lui, à toute force, un témoignage particulier en voulant pourtant lui garantir égalité et impartialité. ».

En marchant dans cette ville pour le rejoindre sur la grande place, j’avais récité lentement et à voix basse ce livre appris par cœur jusqu’à son milieu : "La folie du jour", écrit par Maurice Blanchot, en 1948 probablement. J’imaginais, progressivement, une adresse à cette récitation. Bientôt je convoquais une audience.

Renaud Golo


David Mambouch
25.03

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De temps en temps, je découvre un poème et je le chantonne. J'ai commencé en 2002, avec un recueil de Valérie Rouzeau qui s'appelle Pas Revoir. Page un, page deux, page trois, etc. Il y a environ deux ans, je suis arrivé à la dernière page, alors j'ai commencé à faire la même chose avec Alcools de Guillaume Apollinaire. Petit à petit, c'est devenu un petit répertoire de chansons.


Serge Provost & Isabelle Fourcade
01.04

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"Pas de progrès sans pratique",  Yves Caro , 1996 acrylique sur toile 150x100 cm

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The George Tremblay Show est formé par Isabelle Fourcade, architecte scénographe et Serge Provost, artiste enseignant à l’ISDAT. Ils conjuguent leur activité au sein de la fabrique POLA à Bordeaux.

The George Tremblay Show, a pris naissance sur une route enneigée de Montréal en 2002 dans un hasard frèrecoenien.

En héritiers lointains de DaDa et Fluxus, ils savent que le siècle dernier a brisé les codes traditionnels de l’art pour leur permettre d’agir maintenant. Pour eux « la vie est bien plus intéressante que son décor » et leur travail est un iceberg dont la performance est la pointe. Leur collaboration est un travelling permanent de citations où se côtoient l’art contemporain, le cinéma, la politique et la culture populaire.

Convoquant avec humour la gravité des situations qu'ils instaurent, ils aiment se mettre au centre de la cible et esquiver d’un léger pas de danse.

Leurs performances les plus notoires sont Ouest, Est, Sud, En Haut, Petite danse, Hommage(s) à l’Art contemporain, Archipel, Ray et Showtime.


SILO
08.04
09.04

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Les activités de SILO s’orientent autour de deux pôles:

• Un label de musique dont la pratique est contextuelle et expérimentale.Le label propose aux artistes qu’il accompagne de se rencontrer et d’expérimenter des dispositifs inédits au sein d’un large silo en béton dans lequel les sons virevoltent et tournoient à l’infini.

• Une maison d’édition qui allie livres d’artistes, expérimentations des techniques d’impression et publications web. Au sein de l’atelier situé dans la cave coopérative où se déroulent les résidences c’est un axe de recherche technique et conceptuel qui se développe. Durant les temps de résidence ils proposent aux auteurs de venir participer activement à la matérialisation de leur ouvrage.


Eric Pellet & Anna Carlier
27.05

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Vers un film à venir, Laure du Néant.

Les saintes mystiques, les sorcières et autres incarnations d'extases féminines sont des figures qui me fascinent de longue date, sans pourtant les inscrire auparavant dans mon travail artistique.

Et puis il y eu Passion(s). *
Une vaste recherche en sons et en images commence alors pour moi. Elle se cristallise en trois blocs filmiques montés et animés pour la scène. Là, les corps mystiques représentent le cœur du travail. Plus précisément, je m’attache à des résurgences et dérivés de la mystique, principalement à travers des personnages féminins. C’est à cette occasion que je rencontre et travaille avec l’interprète Anna Carlier. Une approche de la fiction s’engage ainsi, fiction prolongée aujourd’hui par l’écriture d’un long métrage dont le titre provisoire est Laure du Néant.

Ce qui est en jeu lors de notre résidence à BLVU, c’est de rendre possible l’incarnation d’idées jusque-là couchées sur le papier, de risquer des agencements. C'est le moment de jeter son corps dans la bataille, de préfigurer le tournage à venir.

Il s’agit d’une invitation à pénétrer la fabrique d'un film à venir, Laure du Néant.

Eric Pellet

*Avec Ulises Alvarez, Florence Girardon, Cécile Laloy, David Mambouch, Maguy Marin, Pierre Pontvianne, Ennio Sammarco, Philippe Vincent, nous créons à neuf auteurs un spectacle vivant à partir de La Passion selon Saint Matthieu, de Bach ; pièce intitulée Passion(s) et présentée à Ramdam, un centre d’art, puis dans le cadre du festival Montpellier Danse en 2016.